Les arguments en faveur du désinvestissement vous ont convaincu.e qu’il est nécessaire (et possible !) d’agir ?
Voici quelques éléments plus concrets sur le désinvestissement.

Désinvestir… c’est le contraire d’investir. Il s’agit de vendre des actions, des obligations ou tout autre type de parts de fonds d’investissement, pour des raisons éthiques, politiques ou encore climatiques.

18647773041_0618c7272a_zPlusieurs campagnes de désinvestissement ont marqué l’histoire : la campagne de désinvestissement en soutien au Darfour, celle menée contre l’industrie du tabac, etc. Mais la campagne la plus vaste et la plus importante est celle qui a ciblé le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Dès le milieu des années 1980, le mouvement avait engrangé de nombreux succès, en particulier dans les pays anglo-saxons. Cette campagne a contribué à faire plier le gouvernement sud-africain et ouvert la voie à une nouvelle ère.

La campagne de désinvestissement des combustibles fossiles cible en particulier les 200 plus gros acteurs du secteur des combustibles fossiles, qui détiennent à eux-seuls les clefs de notre avenir.

Nous voulons que les leaders institutionnels bloquent immédiatement tout nouvel investissement dans les entreprises de combustibles fossiles et cèdent leurs participations directes et leurs fonds en copropriété comprenant des obligations et des actions de sociétés cotées de cette industrie dans un délai de cinq ans.

200 sociétés cotées en bourse détiennent la grande majorité des réserves de charbon, de pétrole et de gaz inscrites à la cote. C’est de ces sociétés-là que nos organisations doivent retirer leur argent. Les exigences que nous adressons à ces sociétés sont simples, parce qu’elles ne sont que le reflet de la dure vérité de la science climatique :

  • Elles doivent immédiatement cesser de rechercher de nouveaux gisements d’hydrocarbures.
  • Elles doivent arrêter leurs activités de lobbying visant à préserver les allégements d’impôts dont elles bénéficient.
  • Surtout, elles doivent promettre de garder définitivement 80 % de leurs réserves actuelles dans le sol.

Avant d’être une stratégie économique, le désinvestissement est un acte éthique et politique. Comme dans la lutte pour les droits civils aux États-Unis ou pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, plus nous ferons du changement climatique un problème éthique profond, plus nous pousserons la société à passer à l’action. Nous devons affirmer clairement que s’il est inacceptable de détruire la planète, il est n’est pas possible de tirer profit de cette destruction.

 

Si la vente d’actions peut ne pas exercer un impact immédiat sur les entreprises de l’industrie des combustibles fossiles, en particulier lorsqu’elles sont aussi colossales qu’Exxon ou Total, elle permet malgré tout de semer le doute sur la viabilité du modèle d’affaires de cette industrie. Voici pourquoi : afin de limiter le réchauffement à 2 °C, une cible acceptée par presque tous les autres pays du globe, l’Agence internationale de l’Énergie a calculé que l’industrie des combustibles fossiles devra s’abstenir de brûler environ 80 % de ses réserves de charbon, de pétrole et de gaz. Si ces réserves sont encore physiquement invisibles, elles sont déjà très réelles d’un point de vue économique, puisqu’elles sont prises en compte dans le prix des actions de toutes les entreprises concernées. Dans l’ensemble, la valeur de ces réserves avoisine les 20 000 milliards de dollars, une somme qui devra être éliminée des bilans lorsque les gouvernements décideront enfin de considérer le dioxyde de carbone comme un polluant. En cessant d’investir dans les combustibles fossiles, nos institutions pavent la voie menant à cette action gouvernementale, mais ouvrent également l’importante discussion sur ces « actifs délaissés » de l’industrie des combustibles fossiles.

D’un autre côté, le désinvestissement est également un premier pas vers la mobilisation des fonds en faveur de l’énergie propre, du développement des communautés et d’autres investissements plus durables. Imaginons que notre campagne réussisse à transférer ne fût-ce que 1% des milliards de dollars des dotations des universités vers des solutions alternatives durables. Ceci représente environ soi-même des milliards de dollars de nouveaux investissements dans des obligations émises par des entreprises du secteur solaire, des fonds de crédit renouvelable et des industries énergétiques de pointe. Plus important encore, lorsqu’ils s’apercevront que les principales universités et autres institutions du pays commencent à rediriger leurs fonds, les autres investisseurs, qu’il s’agisse de particuliers ou de fonds de pension, envisageront de leur emboîter le pas.

Nous sommes tous complices de la consommation des combustibles fossiles, et chacun d’entre nous devrait s’efforcer de la réduire, mais les vrais coupables, ceux qui profitent du système, sont les entreprises de l’industrie des combustibles fossiles. Un pourcentage important des réserves mondiales de charbon, de pétrole et de gaz est dans les mains des 200 plus grandes entreprises du secteur (1). Accessoirement, ces entreprises sont également les principaux bailleurs de fonds des politiciens du monde; ce sont elles qui rédigent les lois et empochent chaque année les milliards versés par des gouvernements complaisants (2).

De nombreuses autres entreprises contribuent au changement climatique de manière indirecte, comme les multinationales qui fabriquent le matériel de forage, posent les oléoducs et transportent le charbon et les compagnies de services publics qui achètent et revendent l’électricité. Mais c’est pour le moment sur ces 200 entreprises que nous concentrons nos efforts. Pour une liste complète des entreprises et de leurs réserves, cliquez sur le lien suivant.

Top 5 des compagnies charbonnières

  1. Severstal JSC
  2. Anglo American PLC
  3. BHP Billiton
  4. Shanxi Coking Co. Ltd.
  5. Exxaro Resources Ltd.

Top 5 des compagnies pétrolières et gazières

  1. Lukoil Holdings
  2. Exxon Mobil Corp.
  3. BP PLC
  4. Gazprom OAO
  5. Chevron Corp.

(1) http://www.carbontracker.org/linkfileshare/Unburnable-Carbon-Full1.pdf
(2) http://endfossilfuelsubsidies.org/files/2012/05/fossilfuelsubsidies_report-nrdc.pdf

Pas du tout. Chez 350.org, personne n’est spécialisé dans les marchés financiers, mais nous avons parlé avec de nombreux experts du désinvestissement et ils nous ont donné quelques conseils. Il peut être utile, mais pas obligatoire, d’avoir le numéro de téléphone ou l’adresse électronique d’un économiste, d’un courtier ou d’un analyste financier local. Pour lancer une campagne, il vous suffit de vous informer sur notre site, de réunir quelques-un.e.s de vos amis et de vos collègues et de vous mettre au travail !

Le siège de 350.org dispose de toute une équipe qui pourra répondre à vos questions et de vous aider tout au long du processus – n’hésitez pas à nous contacter.

Les Amis de la Terre ont fait le calcul : 15 000 euros, placés pendant un an sur un compte (courant comme d’épargne) d’une banque commerciale classique émettent, indirectement (par l’usage que fera cette banque de cette somme) autant qu’un 4*4 utilisé quotidiennement.
Vous pouvez donc commencer par contacter votre banque, et lui demander de vous informer des secteurs dans lesquels elle place votre argent, quel type d’entreprise elle soutient, si elle refuse d’accorder des prêts aux entreprises les plus polluantes, etc.
Vous pouvez ensuite changer de banque, ou encore mobiliser votre épargne via des acteurs qui soutiennent les initiatives de transition. Vous pouvez enfin passer par des investisseurs qui vous garantissent des placements libérés des combustibles fossiles.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre page consacrée au réinvestissement.